Mouvement des jeunes communistes
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TU SAIS QUI SONT LES COUPABLES
Article de l’UJCE (Union des Jeunes Communistes d’Espagne)

Nous ne pouvions pas terminer notre campagne de dénonciation des coupables de la crise sans mentionner la Maison Royale, pilier fondamental sur lequel se maintient le système capitaliste de l’État espagnol. Étant donné que les articles 490.3 et 491.2 du Code Pénal définissent comme un délit les injures ou une quelconque utilisation du Roi ou de n’importe quel membre de la Maison Royale « de n’importe quelle forme qui puisse abimer l’image de la Couronne », situation aggravée par l’impunité juridique assurée par l’article 56.3 de la Constitution (dans laquelle il est souligné que la personne du Roi est inviolable et n’est pas une personne responsable juridiquement), il n’est pas facile de trouver une biographie indépendante qui narre objectivement la vie de Juan Carlos I.

Les exemples de la répression politique de la dissidence sont les cas, connus, d’amendes de plus de 2.700 euros pour les activistes catalans qui ont brûlé des photos de Juan Carlos I, la censure du numéro 1573 de la revue El Jueves pour avoir publié une satire du Prince Héritier, ce qui a ouvert un procès qui s’est terminé par des amendes de 3.000 euros pour les auteurs, ou le procès pour injures graves au Roi intenté contre José Antonio Barroso, maire Izquierda Unida de Puerto Real, qui a dû payer une caution de 12.000 euros pour avoir qualifié le monarque de « corrompu » dans un article de La Republica en avril 2008.

« Je veux dire en premier lieu que je reçois de Son Excellence le Chef d’État et Généralissime Franco, la légitimité politique surgie le 18 juillet 1936. » (date du début du coup d’État dirigé par Franco) Juan Carlos I de Bourbon.

Pour parler de la restauration des Bourbon en Espagne, il est inévitable de parler de l’acceptation internationale du franquisme. En pleine Guerre Froide, les puissances capitalistes, et concrètement les États-Unis, se mirent au travail pour que la dictature franquiste soit un pays allié, évoluant vers une « démocratie domestiquée ».

En mars 1971, le président des États-Unis Nixon chargea l’attaché militaire présent en Italie et colonel des services de renseignements, Vernon A Walters, de transmettre à Franco que « l’Espagne est vitale pour l’Ouest, parce que Nixon ne voulait que se développe une situation chaotique ou anarchique exprimant l’espoir de voir Juan Carlos intronisé, tandis que Franco gardait le contrôle vital des FF AA (forces armées) tout en se dégageant progressivement de la fonction du Gouvernement pour assurer une transition pacifique et ordonnée que Franco superviserait lui-même ». Selon Walters, le dictateur répondit par les phrases suivantes : « Il n’y a pas d’alternative au Prince. Les FF AA ne pourraient pas laisser la situation devenir hors de contrôle ».

La proposition de l’orientation vers le capitalisme international était claire. Autant Franco « stabilisait » l’Espagne avec les instruments d’une cruelle dictature, autant son successeur devait y arriver dans un système de démocratie bourgeoise. Depuis les années soixante ils ont appliqué le plan de coopter, financer et protéger des équipes d’étiquettes variées pour organiser des « partis politiques » à légaliser ensuite dans le but d’occuper des espaces électoraux. La finalité était claire : un changement politique « limité et responsable ».

Le 23 février (1981) : Revivre la peur. Le rattacher à l’avenir.

Nous pouvons considérer dans le même état d’esprit l’action du monarque dans le coup d’État du 23 février. Loin du rôle de sauveur que lui attribuent les mass-médias, il y a chaque jour plus de doutes sur l’action du Roi et, en général, sur la nature-même dudit coup d’État. La théorie d’un coup d’État pour imposer un gouvernement de consensus national et domestiquer les soifs de liberté et de justice social qui augmentaient dans la population, gagne en force, fait confirmé par les documents déclassifiés des services secrets des États-Unis ainsi que par les déclarations de personnes impliquées dans le coup d’État.

Cependant, ce que nous pouvons savoir avec certitude, c’est que le fait que le Roi ait tant tardé à condamner le coup d’État n’aida absolument pas à son échec, et que des personnes impliquées étaient tellement proches du monarque, comme le Colonel Armada, qu’il est très difficile de croire le discours officiel, comme quoi Juan Carlos I n’avait aucune preuve. Surement que si le coup d’État s’était déroulé d’une autre manière ou avait eu une chance de réussir, l’apparition finale du monarque aurait été bien différente.

Les négociations de la couronne

Tout au long de notre cybercampagne « Tu sais qui sont les responsables de la crise » (tu peux voir toute la campagne sur www.agitacion.org), nous avons vu que les relations et négociations entre la Maison Royale et les grandes entreprises sont un fait vérifié : Juan Miguel Villar Mir, Ruíz Mateos, Javier de la Rosa ou Manuel Prado sont quelques exemples des deux faces de la même pièce de monnaie qui représentent la monarchie et le capital. De fait, ces deux derniers, liés au monarque, ont été impliqués dans un scandale dans lequel se sont évaporés 108 millions d’euros au Koweït, par des faveurs politiques aux dictatures arabes. Mais comme le signalent diverses sources, ce ne sont pas les seuls scandales.

Si on ajoute à cela l’opacité des comptes de la Maison Royale et le patrimoine accumulé, ce n’est absolument pas barbare de défendre que quand le monarque organise ou assiste à des sommets avec des entreprises partout dans le monde, il y ait alors plus d’intérêts qu’avec la moindre représentation de l’État espagnol.

Nous ne pouvons occulter que la majeure partie des réunions internationales de la Maison Royale espagnole consiste à « ouvrir des marchés » pour les grandes entreprises de l’État espagnol, bien que cela entre en contradiction totale avec l’idéologie officielle du régime qui répète constamment que la monarchie n’a aucun type de pouvoir politique.

Il est cependant certain que c’est l’essence du capitalisme, une élite qui tisse ou manœuvre à la défense de ses propres intérêts, ce qui n’est pas à la portée du pouvoir décisionnel du peuple.

Les pires dictateurs du monde, les meilleurs amis de la Maison Royale

Quand nous recevons une visite de la princesse de Jordanie, du Roi saoudien ou de n’importe quel autre monarque absolu, les médias du système se contentent de prendre des photos de la réception et de commenter les vêtements des princesses. Pourtant, derrière ces visites « protocolaires » et les voyages de la famille royale aux diverses royautés, on cache l’aval donné et la légitimation aux dictatures les plus sanguinaires de la planète.

Sur le propre site web de la maison royale, on trouve des discours de soutien et d’appui de la monarchie espagnole à la Famille Royale Al Saud, la Maison Royale de Jordanie, les rois de Thaïlande etc etc. Mais il y a plus : il suffit de jeter un coup d’œil à la liste des personnes décorées de la Toison (la plus grande distinction de la Maison Royale espagnole) pour se rendre compte du double discours de l’Occident qui tout en parlant des Droits de l’Homme dans le monde et en s’érigeant en représentant du « monde libre », récompense les dictatures les plus cruelles.

Un cas particulièrement significatif pour les Espagnols sont les relations fraternelles que maintient la Maison Royale espagnole avec la marocaine, relation qui entre en contradiction frontale avec le sentiment majoritaire dans le pays d’appui à la lutte du peuple sahraoui pour son autodétermination et son indépendance, mais aussi de soutien au peuple marocain dans sa lutte pour la liberté et la conquête de droits civils.

Et maintenant que l’Espagne s’engage à nouveau dans une autre guerre impérialiste, en Libye cette fois, le Roi montre encore une fois quelle est la véritable figure du règne. Bien qu’on massacre, pendant ce temps, dans des pays comme le Bahreïn, notre monarque a envoyé au nom du Royaume d’Espagne un message d’appui au roi de ce pays, Hamd ibn Isa al Jalifa, légitimant ainsi les derniers massacres des légitimes protestations populaires.

Parce que la monarchie représente le capital, l’impérialisme et la guerre !

Parce que depuis toujours ses intérêts ont été dans la direction contraire de ceux de la classe travailleuse !

Tu sais qui sont les coupables. Arrête-les !


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