Mouvement des jeunes communistes
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Sommet de Cancun : Convention internationale sur le climat

Après l’assaut des climatosceptiques alliés des multinationales, l’Académie des Sciences est formelle : les résultats des études du GIEC sont avérés et les activités humaines bien en cause. De récentes études indiquent d’ailleurs que les phénomènes s’accentuent. Un sondage IFOP-Le Monde indique que l’opinion publique place en tête, à 41% de ses préoccupations, les risques liés au changement climatique... contre 24% ceux liés au nucléaire. Dans les consciences progresse l’urgence d’une intervention résolue sur le climat.

C’est dans ce contexte que la Convention internationale sur le climat s’est tenue sous l’égide de l’ONU, à Cancun. Résumons-nous. Après l’échec dramatique des chefs d’États à Copenhague, certains d’entre eux, dont le nôtre, ont annoncé des réductions volontaires d’émissions de carbone entre 13 et 17% alors qu’elles devraient être de l’ordre de 40% en 2020. Depuis, les experts se sont réunis à deux reprises afin de dresser la liste des dispositions à inscrire de façon urgente, pour limiter l’augmentation de la température de la planète à 2°C en 2050 par la réduction des gaz à effet de serre (GES).

À Cancun, trois enjeux essentiels ont donc été au cœur des débats (1). Sauver le protocole de Kyoto, qui est le seul texte international fixant un cadre d’engagements juridiquement contraignants de réduction de GES. Élaborer un plan de préservation des forêts qui séquestrent de grandes quantités de carbone. Décider la constitution progressive d’un « Fonds vert pour le climat » doté d’un budget de 100 milliards de dollars par an, à l’horizon 2020, afin de financer des mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques dans les pays du Sud.

La quasi-totalité des 190 pays représentés a apporté son soutien au texte de compromis proposé par la présidence mexicaine, hormis la Bolivie qui a voté contre. Celle-ci s’est dite ne pas être « disposée à voter un texte qui signifie une élévation des températures et qui va mettre de plus en plus de vies en péril ». Effectivement rien n’est réglé avec « Cancun ». Les trois grands sujets figurent bien dans le texte de 33 pages, seulement aucun engament précis n’est mentionné repoussant les décisions douloureuses au sommet de Durban en Afrique du Sud fin 2011.

Il en est ainsi du protocole de Kyoto pour lequel « les travaux doivent se poursuivre, pour s’assurer qu’il n’y aura pas de délai entre la première période d’engagement » qui s’achève en 2012 et la suivante ». Ce qui, techniquement, s’avère impossible à réaliser. Rappelons pour mémoire que les États-Unis – première nation productrice de GES par habitant – ont toujours refusé de ratifier le protocole, quand d’autres nations l’ont signé seulement cinq plus tard, le rendant enfin effectif pour 38 pays développés. Les PED ne sont soumis à aucune contrainte compte tenu de la faiblesse de leur outil de production, tout au moins pour les plus pauvres. Le cas des pays émergents (Chine, Brésil, Inde...) devenant un sujet de discorde pour les pays riches, qui considèrent cette situation comme anormale pour la concurrence économique.

Le Fonds vert pour le climat est aussi inscrit dans le marbre de Cancun pour « soutenir des projets, des programmes et politiques des PED ». Mais... car il y a un mais, aucune source de financement n’est mentionnée. L’administration du fond est confiée à la Banque mondiale pour les trois années à venir. Comment les pays riches confrontés à la crise parviendront-ils à réunir de telles sommes sur des fonds publics ? Enfin, l’accord comporte l’objectif de « ralentir, arrêter et inverser la perte du couvert forestier » avec la participation des pays impliqués dans la gestion des forêts, dont les populations autochtones. Mais, encore une fois, les mécanismes de contrôle ne sont pas prévus et le financement difficilement cernable.

Finalement, Cancun aura tout de même permis des avancées, car, enfin, tout est écrit... mais tout reste à concrétiser. De cette étape, l’ONU et le multilatéralisme sortent renforcés. Copenhague avait jeté le doute. Il a été dépassé, tant mieux ! Grâce notamment à l’engagement convergent et exigeant des pays du Sud. Durban fera-t-elle mieux ? Rien de moins sûr, car les multinationales veillent et leurs lobbies participent de près aux négociations. Pas question de laisser le politique prendre la main sur l’économique (2). Durant la conférence, elles ont redoublé d’initiatives afin de valoriser leur adaptation progressive à une climato-économie libérale. Mais tout cela n’est pas pour les beaux yeux bleus de la planète. Les actionnaires continuent d’exiger leur pactole indécent au détriment de l’intérêt général et de celui de la planète. En bref, les banques ont été sauvées, le climat toujours pas !

Il reste donc urgent d’avancer au Nord vers un nouveau mode de développement efficace en termes de réduction de GES pour permettre au Sud de se développer ; car, pour tous les peuples, le progrès et la justice sociale doivent être la règle. Cela appelle le dépassement du capitalisme On peut compter sur les communistes afin d’agir au quotidien pour un développement humain durable débarrassé des scories du vieux capitalisme.

Hervé Bramy responsable de la commission Écologie du PCF

1. Je ne peux ici revenir sur tous ses enjeux. Je vous invite à vous reporter à l’excellent dossier de l’Humanité du 29 novembre dernier. 2. Lire également l’article de Marie-Noëlle Bertrand dans l’Humanité du 13 décembre 2010.


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