Mouvement des jeunes communistes
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Réforme des retraites : la bras de fer se poursuit au Sénat et dans le pays
Un mouvement social qui s’essouffle, un Parlement qui procède à une adoption rapide et discrète de la loi, et l’attention des Français davantage tournée vers les campements de Roms qu’en direction des questions sociales : le beau scénario imaginé par l’Elysée pour imposer sans coup férir sa réforme des retraites est en train de prendre l’eau. Nul ne sait évidemment, à l’heure actuelle, si le pouvoir finira pas obtenir gain de cause où s’il sera contraint de faire machine arrière. Mais dans l’épreuve de force qui se joue, il est indéniable que le doute s’installe dans un camp et que l’espoir grandit dans l’autre. Principalement en raison de la mobilisation populaire, qui, quoi qu’en disent les comptages policiers, va grandissante. C’est que les Français ont compris dans leur majorité que la réforme n’est ni « juste » ni « indispensable » ainsi que le claironne le très peu crédible Eric Woerth. A vrai dire, l’objectif du recul de l’âge légal de la retraite à 62 ans et de celui permettant de percevoir une pension à taux plein à 67 ans est surtout de réduire la dette publique pour satisfaire les agences de notation, et répondre de la sorte aux exigences du MEDEF, plutôt que d’assurer un retour à l’équilibre des comptes sociaux ou de pérenniser le système de retraite par répartition. Quant à l’examen de la loi au Parlement, il vire au parcours du combattant pour la majorité. Si les débats ont été brutalement et autoritairement interrompus à l’Assemblée nationale, ils ont néanmoins permis à l’opposition de faire apparaître au grand jour toute l’injustice de la réforme. Au Sénat, où le texte est examiné à partir du 5 octobre en séance publique, le crédit-temps limitant le temps de parole des parlementaires n’a pas cours. La discussion s’y annonce plus longue, deux semaines, voire trois, et plus serrée, l’UMP ne disposant pas de la majorité absolue. Ce qui laisse tout le temps aux opposants à la réforme de poursuivre et d’amplifier leur mobilisation. C’est dans ce contexte que les élus du groupe CRC-SPG vont prendre le relais de leurs collègues, députés communistes et du Parti de gauche. Avec l’intention de « faire entendre au Sénat ces millions de voix que le Président, son gouvernement et ses parlementaires ignorent », en faisant « la démonstration qu’avec une autre et une meilleure répartition des richesses, il est possible de garantir pour tous, la retraite à taux plein dés 60 ans ».

Les questions d’actualité au Sénat : Réforme des retraites

Par Guy Fischer / 30 septembre 2010 L’injustice criante de votre réforme a fait basculer l’opinion publique

Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Mes chers collègues,

Votre réforme des retraites est massivement rejetée. 70 % des Français exige le maintien à 60 ans à taux plein, restent attachés à la répartition et disent NON à la capitalisation. 68 % ont soutenu la dernière journée de mobilisation. Votre électorat vous abandonne.

La tentative d’imposer la réforme dans les esprits durant l’été a échoué. C’est une bien mauvaise surprise pour Nicolas SARKOZY et l’UMP. Pressé par le temps, inquiet de la mobilisation croissante dans le pays, vous êtes passé en force à l’Assemblée nationale, aidé par un Président aux ordres de l’Elysée.

Monsieur le Ministre, le scénario ne sera pas le même au Sénat qui n’a pas adopté le règlement scélérat de l’Assemblée nationale qui bafoue les droits de l’opposition.

On ne le répétera jamais assez, cette réforme est injuste et inefficace, supportée à 85 % par les salariés et marginalement par les revenus du capital.

C’est cette injustice criante qui a fait basculer l’opinion publique. Notre peuple sait, en effet, que l’argent existe pour financer les retraites. Monsieur le Ministre, vous avez tenté jusqu’au bout de masquer cette évidence économique et financière, mais l’affaire Bettencourt ne vous a pas aidé : la volonté du gouvernement et de l’UMP de flatter et de protéger les plus riches est devenue une réalité palpable par nos compatriotes.

La collusion du pouvoir et de l’argent devient évidence. La jeunesse attend cette réforme ? Non, elle la rejette car cette réforme supprime, de fait, le droit à la retraite pour les plus jeunes. La démographie l’exige ? Non, car la France a un taux de natalité qui permet de voir l’avenir sereinement.

L’Europe nous a précédé ? C’est mal connaître la réalité car les conditions de travail et de départ à la retraite sont plus protectrices chez de nombreux voisins. Les caisses sont vides ? Non, celles du patronat et des banques sont pleines ! Vous voulez faire payer au peuple la cupidité des banques et d’un CAC 40 dont les profits explosent. Là est le cœur du problème : d’autres moyens existent, comme une cotisation efficace des revenus du capital pour financer les retraites à 60 ans à taux plein.

Nous avons déposé une proposition de loi en ce sens et nous invitons le gouvernement à en prendre connaissance.

Le gouvernement doit retirer son projet et ouvrir des négociations qui n’ont pas eu lieu !


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