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Il semble que la démocratie se soit arrêtée le jour de l’élection de Nicolas Sarkozy. Les dirigeants européens craignent avant tout que les citoyens se mêlent du contenu de ce traité. Ils savent que ce qui s’est exprimé par la victoire du « non » en France et aux Pays-Bas ne peut se résumer à un problème français ou néerlandais. Même Peer Steinbrück, le ministre allemand de l’Économie et des Finances, a reconnu récemment dans un petit cercle « un risque de crise de légitimité du modèle économique et social européen ». Les applications du principe d’une « économie de marché ouverte où la concurrence est libre » suscitent de très fortes interrogations, voire le rejet de la part de couches de plus en plus larges de la population européenne. Ils en ont conscience. Cela explique l’opacité de la méthode adoptée.
Le traité constitutionnel a été rejeté, en France, au terme d’un débat très approfondi sur les ressorts de l’Europe libérale. Le problème des dirigeants européens était, dès lors, de faire accepter demain ce qui a été refusé hier. Nicolas Sarkozy leur a apporté la clé : l’engagement à ne pas faire ratifier ce traité par référendum. Pour faire passer ce coup de force, il a imaginé l’entourloupe du « traité simplifié », qui dissimule en fait un jeu de piste quasiment inaccessible aux citoyens. Il s’agit de recycler la même substance, mais sous la forme de multiples amendements aux traités précédents. Le contenu est exactement le même que celui de la version rejetée en 2005. Je ne referai pas ici la liste de toutes les dispositions du texte qui permettrait à l’Europe libérale de prendre son envol.
Nous avons une grande bataille à mener. Premièrement pour obtenir un référendum. Deuxièmement pour réaffirmer la nécessité de s’opposer au texte. Le calendrier est serré. Dès le 14 décembre, c’est-à-dire au lendemain du Conseil européen qui doit formellement adopter le traité de Lisbonne, le gouvernement va engager le processus de ratification de la version camouflée de la constitution européenne. L’objectif, a précisé le Premier ministre, est que la France soit « le premier pays à ratifier le traité » pour mettre fin à la « paralysie institutionnelle ». À nous de mettre fin à ce déni de démocratie. Nous devrons nous appuyer pour cela sur la magnifique campagne que nous avions menée en 2005.