Un accord entre le gouvernement mexicain et le Syndicat mexicain des électriciens (SME) a mis fin vendredi la grève de la faim observée depuis 90 jours par 14 salariés licenciés de l’ex-compagnie d’électricité de la capitale, fermée par décret du gouvernement fédéral.
La compagnie d’électricité publique Luz y Fuerza, qui approvisionnait les 20 millions d’habitants de l’agglomération de Mexico, avait été fermée par décret le 11 octobre 2009. Ses 44.600 salariés avaient été licenciés, et son marché confié à la Compagnie fédérale d’électricité, qui fournit l’ensemble du pays.
"Hier matin, le travailleur en grève de la faim Miguel Ángel Ibarra Jiménez a été victime d’une syncope cardiaque ; il s’est effondré devant sa femme et ses enfants lors d’une conférence de presse dans le campement du Syndicat Mexicains des Electriciens [installé sur le Zócalo, la place du centre historique de la ville de Mexico, ndt], durant laquelle l’ingénieur Cayetano Cabrera [autre travailleur en grève de la faim, ndt], bien qu’ayant des difficultés respiratoires, a lu une lettre dans laquelle il demandait a être reçu par le président Felipe Calderon.
"Si le président nous refuse le droit d’audience, il sera responsable des conséquences sur notre santé et notre vie, parce que c’est lui qui nous a mis dans cette situation", a indiqué Cabrera, qui en est à son 86ème jour de jeûne.
La situation est devenue dramatique dans le campement ce lundi, quand l’ingénieur Cayetano Cabrera avait à peine fini de parler et que commençait la séance de questions lorsque tout d’un coup Ibarra, qui totalisait hier 82 jours de jeûne, s’est effondré et a cessé de réagir. Ses trois jeunes enfants -deux filles et un garçon-, sa femme et sa mère, qui était allé lui rendre visite, ont commencé à fondre en larmes.
Le docteur du SME, Alfredo Verdigel, lui a immédiatement fourni du sérum et de l’oxygène ce qui l’a fait réagir, pendant que la famille du travailleur se serrait dans leurs bras. Revenu à lui, il a déclaré qu’il ne quitterait pas le campement, qu’il resterait jusqu’aux dernières conséquences ou bien jusqu’à ce que son emploi lui soi recouvré.
Dans tout le campement on apercevait des visages d’inquiétude et d’anxiété, pendant que le docteur Verdiguel informait que l’électricien Ibarra, âgé de 41 ans, venait de souffrir une syncope cardiaque et qu’il était très faible, puisqu’il souffre d’une crise d’hypoglycémie et qu’il a perdu 21 kilos et en pèse maintenant 48.
La Carte que Cabrera a dirigée au Président précise qu’il est en grève de la faim depuis 86 jours et qu’il se sent en « très mauvais état de santé », mais qu’il est déterminé à continuer jusqu’à « ce que ce gouvernement récupère les emplois des 44 000 travailleurs qui ont été licenciés illégalement."
"Le président est le seul qui puisse résoudre ce conflit. C’est pourquoi dès maintenant et publiquement je demande au président Felipe Calderón qu’il nous [les grévistes de la faim] reçoive à Los Pinos [siège du pouvoir exécutif], avec notre Secrétaire Général et le Comité central de notre syndicat.
"Si le Président ne peut pas faire suite à cette demande pour résoudre ce conflit de façon politique, il sera l’unique responsable de ce qui m’arrive ainsi que de la vie de mes camarades en grève de la faim."