Mouvement des jeunes communistes
Accueil  >  Archives
Le Front National : de Jean-Marie à Marine Le Pen

Une fidélité sans faille

Rarement une fille n’a été aussi fidèle aux idées de son père. Mais, au-delà de la fidélité, Marine Le Pen peut se révéler beaucoup plus dangereuse que Jean-Marie Le Pen. Elle est jeune, instruite et n’a aucune affaire judiciaire qui la poursuit. C’est une avocate qui ne dérape pas (pas de « détail de l’histoire »), elle sait ce qu’elle dit et fait et se permet même de citer Jaurès et la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 dans son discours d’investiture pour légitimer un projet politique raciste et belliqueux.

Le prénom change, les idées restent

Les différences réelles avec son père sont toutefois minimes : la seule divergence de programme d’avec l’ancienne génération du F.N. concerne les lois Veil (sur la légalisation de l’avortement) que Marine Le Pen ne souhaite pas abroger, en tout cas dans un premier temps... Mais sur tout le reste, rien n’a changé et il n’est pas prévu de changement. Le décalage entre le discours et le programme est toujours aussi grand et s’accentue même avec l’arrivée de Marine Le Pen, d’autant plus que la scène médiatique lui est beaucoup plus ouverte qu’à son père : près d’une quinzaine d’invitations à la radio et à la télévision rien qu’au mois de janvier ! Marine Le Pen est pour la peine de mort, pour la « préférence nationale » et son discours est celui de l’idéalisation de la Nation, d’un État fort et de l’armée virile. A l’écouter on entendrait presque le maréchal Pétain dans ses discours : ainsi lors de son investiture, Mme Le Pen affirme que « comme aux pires moments de son histoire, notre Nation est en proie à la dislocation. » Plus encore que son père elle se présente comme l’ultime rempart, comme une protection contre un « capitalisme cosmopolite » et ses relais politiques en France et en Europe (on connaît le slogan « U.M.P.S. »).

Un décalage constant entre les discours et le programme

Le programme du Front National est à la fois réactionnaire, xénophobe et libéral, alors que dans les discours les maîtres mots sont ceux de « protectionnisme », de défense des « petits », de l’opposition des petits entrepreneurs face aux grands patrons de la finance. C’est un programme démagogique à souhait, mais qui « parle » aux classes populaires de leur vie quotidienne et de choses qu’elles connaissent. Et c’est justement en cela que le F.N. est dangereux.

Le F.N., comme l’U.M.P., prône un rallongement du temps de travail des salariés avec un retour aux 39h hebdomadaires, les retraites à 65 ans avec la suppression de tous les régimes spéciaux et la généralisation de la retraite par capitalisation, la casse du statut des fonctionnaires, la mise en pièce de la fonction publique...

Les Le Pen surfent sur la peur avec « le refus de l’islamisation » comme nouveau cheval de bataille piqué à De Villiers et sont pleins de contradictions : Marine Le Pen présente le F.N. comme le dernier défenseur de la laïcité mais déclare dans le même temps que l’État doit défendre liberté égalité fraternité « qui ne sont rien d’autre que les principes chrétiens sécularisés » !

Sur le plan économique, les discours fustigent l’ultralibéralisme et le libre-échange de Bruxelles mais quand on se penche attentivement sur le programme du parti : diminution par deux de l’imposition des contribuables les plus riches sur leur dernière tranche de l’impôt sur le revenu (20% au lieu de 41%) ; baisse d’un tiers du taux de l’impôt sur les sociétés pour les P.M.E. (20% au lieu de 33%) tandis que d’autres allègements videraient totalement de son sens l’I.S.F.

Le F.N. prévoit également une simplification urgente du Code du travail, l’encadrement strict du droit de grève et entend ainsi lutter contre les trois menaces majeures qui pèsent sur l’économie française : « l’étatisme », le « mondialisme ultralibéral » et « le syndicalisme archaïque ».

Ajoutez à cela la xénophobie classique si chère aux frontistes, dont ne se cachent même pas les Le Pen : « À l’origine de la plupart des maux dont souffre notre pays, la politique d’immigration depuis plus de trente ans ». L’objectif est d’« inscrire dans le préambule de la Constitution le principe de préférence nationale ».

La déchéance de nationalité deviendrait la règle pour les personnes naturalisées et condamnées au pénal et l’expulsion des délinquants étrangers à la fin de leur peine (double peine) serait automatique. Pour les étrangers : suppression du R.M.I. et du RSA, de l’aide médicale d’État (AME), des allocations familiales et majoration des cotisations sociales payées par les travailleurs étrangers.

Enfin, concernant l’éducation et la jeunesse, le programme du Front a le mérite d’être clair : « Il faut tout d’abord que le système scolaire retrouve les mérites de la sélection ». Il est question de la mise en place d’un « chèque scolaire » qui vise à renforcer le poids des établissements privés. Une importance toute particulière est donnée à la lutte « contre la politisation de l’Éducation nationale, en interdisant les manifestations politiques d’étudiants ou d’enseignants organisées pendant les heures de cours » et une autre proposition entend « supprimer les passerelles Z.E.P. pour l’accès aux grandes écoles. »

Dans l’enseignement supérieur les coupables sont aussi ici clairement désignés : « La gouvernance des universités doit être réformée. Le fonctionnement des conseils d’administration ne doit plus être entravé par des représentations injustifiées (syndicats d’étudiants, personnel administratif, etc.). »

Comme Sarkozy, les Le Pen veulent une France de propriétaires avec des logements sociaux réservés aux Français.

Marine Le Pen est aujourd’hui créditée de près de 10 à 18% d’intention de vote pour 2012, alors que Jean-Marie Le Pen peinait à atteindre les 8% quelques semaines avant le 21 avril 2002, c’est dire que nous ne devons pas baisser la garde et être prêt à combattre le F-Haine sur tous les fronts !

Boris, pour le groupe antiracisme et lutte contre l’extrême-droite.


contact | Logiciels libres | Plan du site
MJCF : 2, pl de Colonel Fabien 75019 PARIS - télephone : 01.40.40.12.45