Le dimanche 12 Juin 2011 a marqué une nouvelle élection législative en Turquie. Le parti de droite libéral et islamiste AKP (parti de la justice et du développement) l’a emporté en nombre de voix et en nombre de députés. Mais ce succès relatif marque la fin d’une campagne violente et déloyale.
Relatif ce succès l’est car si l’AKP progresse en pourcentage, il perd des députés au profit des candidats pro-kurdes présentés en tant qu’indépendants. Ce parti est le véritable vainqueur des élections puisqu’il parvient presque à doubler son nombre de députés. Espérons qu’au-delà des revendications communautaires ces députés pourront aussi porter des revendications sociales.
Relatif ce succès l’est également du fait de la progression du parti kémaliste, de centre gauche le CHP (parti républicain du peuple). Ce dernier gagne 5 points, en ayant relativement gauchi son discours. Malheureusement avec plus de vingt points de retard sur le parti au pouvoir, ce parti social-démocrate a une fois de plus montré son incapacité à fédérer les couches populaires sur son programme et à créer une véritable dynamique malgré de fortes mobilisations sociales en 2010.
Violente cette campagne l’a d’abord été du fait du premier ministre, le « pacha » Recep Tayip Erdogan qui n’a pas hésité à stigmatiser toutes les minorités et notamment les kurdes pour tenter de récupérer le vote ultra-nationaliste. Au-delà des insultes et des provocations, cet édile de pacotille n’a pas hésité à faire détruire une statue célébrant l’amitié Turquo-arménienne érigée par le sculpteur progressiste Mehmet Aksoy.
Déloyale, cette campagne l’a d’abord été du fait du régime électoral ubuesque et antidémocratique turc, qui instaure un système proportionnel, où un barrage de 10% des voix est instauré. Pour pouvoir entrer au Parlement un parti politique doit au minimum atteindre ce score. Le système dit des candidats indépendants, permet aux partis kurdes d’accéder un minimum aux instances législatives. Ce système pousse au vote utile à l’extrême, seuls trois partis arrivent à dépasser les 10%, les autres n’ont strictement aucune chance de gagner des postes de députés. De ce fait il leur est extrêmement difficile dans cette situation de mobiliser les électeurs. De ce fait les partis progressistes et communistes en font les frais, le TKP, parti communiste turc par exemple perd 20000 voix. Il ne totalise que 0,14% tandis qu’ EMEP, parti du travail, ne remporte lui que 0,07% des suffrages.
Au-delà de ces quelques éléments d’analyse le Mouvement des Jeunes Communistes de France portera toujours une oreille attentive et un soutien sans faille aux revendications des classes populaires turques, sachant que ce n’est pas sous la férule islamiste-conservatrice que ces revendications seront satisfaites ! Au delà des élections c’est maintenant dans la rue que la bataille contre réformes liberticides, anti-démocratiques et de privatisations se joue.
En Turquie comme en France nos ennemis sont les mêmes, les capitalistes et les réactionnaires de tous bords !
Vive l’amitié entre les peuples turcs et français : Sarkozy, Erdogan, l’heure de votre chute viendra !