Les semaines se suivent et se ressemblent pour la social-démocratie européenne. Après la déroute bien méritée des sociaux-démocrates espagnols, les portugais ont à leur tour sanctionné le Parti « socialiste » au pouvoir dans leur pays.
En perdant plus de 500 000 voix et 23 députés lors des élections législatives du 5 juin 2011, les socialistes sont balayés du pouvoir. Ils payent le prix fort de leur politique antisociale qui se traduit par l’augmentation des impôts injustes comme la TVA, des privatisations massives de services publics, des coupes dans les budgets sociaux (santé, éducation) en relayant fidèlement dans leur pays les diktats du FMI et l’Union européenne en toute complicité.
Avec l’arrivée au pouvoir du PSD (parti de droite), les portugais ont choisi l’alternance plutôt que l’alternative. Ce parti est tout aussi mouillé que le PS dans la démolition des acquis sociaux du peuple portugais comme le prouve leur soutien au 4e plan d’austérité avec un prêt de 78 milliards d’€ de l’UE et du FMI en échange de la casse des retraites, la baisse des allocations chômage et de nouvelles privatisations. Ils ne résoudront en rien –bien au contraire- les problèmes d’une jeunesse portugaise qui voit près d’un jeune travailleur sur cinq privé de travail ( +5 points en 3 ans !) et 1.2 millions de jeunes (soit 65% des jeunes !) précaires donc exploitables à merci.
« Les socialistes » et l’extrême gauche reculent fortement (le Bloc de gauche au Portugal ayant eu le même candidat que le PS aux dernières élections présidentielles, perd aujourd’hui la moitié de ses voix et passe de 16 à 8 députés). Par contre, le Parti Communiste portugais au sein de la Coalition démocratique Unitaire tire son épingle du jeu. Avec près de 8%, il se maintient en nombre de voix et gagne même un député supplémentaire (16 au total). Il confirme ainsi son ancrage dans le monde du travail et dans les zones rurales du Sud du pays où il réalise ses meilleurs scores.
Depuis des mois, le Parti socialiste à la droite, reprennent tous en chœur ce refrain désormais bien connu en Europe « Plutôt les actionnaires que les classes populaires ». Nous voulons ici saluer nos camarades portugais et les féliciter tant pour leur résultats aux élections que pour le rôle qu’ils jouent dans la mobilisation populaire contre les diktats e l’Union Européenne et du FMI. Comme les travailleurs portugais nous pensons "que les responsables de la crise doivent en payer les conséquences !".
Plus que jamais les peuples doivent continuer à amplifier leurs résistances pour mettre en échec ce système et construire une société qui ne serve pas les intérêts des requins de la finance, mais celui des travailleurs et de la jeunesse.