Canjian GAO (né le 1/12/1973) a été arrêté pour défaut de titre de séjour le mercredi 9 février, dans le métro, alors qu’il se rendait à son travail.
Sa reconduite vers la Chine était prévue jeudi 25 février sur le vol AF 126 à 18h55. Il n’a finalement pas été embarqué mais ramené au centre de rétention administrative de Vincennes. M. GAO a comparu le 26 février devant le JLD, qui a décidé de son maintien en rétention pour 5 jours. Il est expulsable à tout moment.
Or M. GAO est présent en France depuis 10 ans à quelques mois près ! Il travaille et vit avec sa femme et ses deux enfants dans le 19ème arrondissement de Paris. Ses enfants sont scolarisés au collège Charles Péguy (19è) : sa fille en 5e, son fils en 6e. Cette famille a construit sa vie sur le sol français et serait brisée par la reconduite en Chine de leur père et son mari.
La tentative de reconduite vers la Chine dont M. Gao a déjà fait l’objet a été éprouvante pour lui et sa famille. Les conséquences psychologiques et matérielles sont extrêmement lourdes pour ses deux enfants et risquent d’handicaper durablement leur avenir. Ils ne devraient pas subir une telle angoisse ! Ils doivent pouvoir vivre et étudier paisiblement, comme tous les enfants de leur âge. Quel sentiment croit-on faire naître chez les élèves, les amis de ces deux enfants, témoins impuissants de ce qui leur arrive ? Ils comprennent parfaitement toutes les conséquences immédiates et futures qu’aurait l’expulsion de leur père sur leurs camarades, et que la profonde injustice qui leur est faite ne leur échappe pas. Que doivent-ils penser de voir ainsi les valeurs d’égalité et de protection de l’enfance, qu’on leur enseigne dans leur famille et à l’école, bafouées d’une manière aussi dramatique et systématique par les autorités ? On ne peut considérer ces traumatismes comme de simples dégâts collatéraux ?
Nous demandons le respect de l’intérêt supérieur des enfants de M. GAO, telle qu’elle est définie dans la Convention internationale des droits de l’enfant et exigeons l’annulation de sa reconduite vers la Chine, sa libération et la réexamen de sa situation administrative en vue de sa régularisation. La place de M. Gao est avec sa famille, ses amis, ses collègues, ses voisins. Ici, en France.
Zhijie LAN a été arrêté lors d’un contrôle d’identité le 16 février 2011.
Depuis, enfermé au centre de rétention de Vincennes, il vit dans l’angoisse d’être expulsé. Il est pourtant en France depuis huit longues années et travaille dans le bâtiment (la préfecture le sait bien puisqu’elle l’a déjà arrêté sur un chantier en 2008). La femme de M. Lan et son fils de 6 ans (né en France) n’imaginent pas une seconde comment ils pourront subsister s’il était expulsé.
Est-ce le calcul que font les préfets en ciblant systématiquement les pères ? Veulent-ils s’en servir comme une arme contre leur femme et leurs enfants ?
La femme de M. LAN travaille comme serveuse, et s’occupe activement de son fils. Cet enfant est visiblement content d’étudier dans ce pays. La famille souhaite donc continuer à construire son existence en France, et ne demande aucune faveur particulière, aucun cadeau, à l’Etat français. Simplement le droit de travailler légalement et d’être traitée avec dignité et respect par l’administration. En programmant cette expulsion c’est la dévastation d’une famille que M. Gaudin, le préfet de Paris prépare, la destruction de tous ses efforts pour vivre mieux. Une injustice de plus à porter à son palmarès, déjà très chargé, de casseur de familles et destructeur de couples.