Mouvement des jeunes communistes
Accueil  >  Archives
Trois questions aux jeunes communistes portugais (JCP)
Article de l’Avant Garde, journal du Mouvement Jeunes Communistes de France

- Quelles sont les conséquences de la crise pour le peuple portugais ?

La crise n’a été qu’un prétexte pour attaquer, une fois de plus, les travailleurs et le peuple portugais, particulièrement la jeunesse. Sous la cape de la crise, les exécutants de la politique de droite en Portugal – PS/PSD/CDS – aux ordres de l’Union Européenne et de Mme. Angela Merkel, ont imposé aux travailleurs portugais des sacrifices injustifiés et qui vont accentuer encore plus les inégalités sociales existantes, déjà énormes.

Le gouvernement démissionnaire, conjointement avec la droite, ont suivi une ligne politique d’approfondissement de l’exploitation capitaliste, en essayant, au mépris de la volonté populaire, d’augmenter les profits des grands groupes économiques et financiers. Ils ont imposé la réduction des salaires ; détruit l’engagement d’augmenter le salaire minimum national jusqu’à 500€ (ils l’ont fixé à 485€, alors qu’avant il était à 475€ - cette augmentation était trop faible pour faire face à la hausse du coût de la vie et la perte de pouvoir d’achat des Portugais pendant les dernières années) ; l’augmentation des taxes, comme l’impôt sur les revenus et la TVA ; la réduction des prestations sociales, y compris les pensions, les allocations de chômage (11% de la population est en situation de chômage, dont la moitié a moins de 30 ans) et aussi l’action sociale scolaire, en modifiant le calcul du revenu par habitant des familles, conduisant des milliers d’étudiants à sortir de l’enseignement ; la privatisation de services publiques comme l’éducation et la santé ; les attaques contre les travailleurs, avec un accent particulier sur les jeunes, par le biais de la précarité qui atteint 1,4 millions de travailleurs, essentiellement des jeunes avec des contrats à durée déterminée de 1 jour, 15 jours, 1 mois ou « reçus verts » (régime de prestation de service, comme si le travailleur était à son compte). L’éducation est également une des cibles du grand capital et on peut vérifier d’énormes coupures financières dans ce domaine. Au-delà de la réduction des bourses d’études, les attaques à l’école publique sont très graves : l’implémentation du Processus de Bologne et du régime juridique des institutions de l’enseignement supérieur – le RJIES qui, entre autres, a substitué la participation des étudiants aux organes de gestion des écoles par des représentants d’entreprises - ; l’entreprise Parque Escolar (propriétaire des infrastructures scolaires sur lesquelles elle effectue des travaux d’amélioration et auxquelles elle demande en moyenne 50.000 € de rente par mois) sont une étape vers la privatisation des écoles. Des écoles (plus de 3500 jusqu’a présent) et des hôpitaux sont fermés. Nous pouvons dire que tout cela a donné lieu à plus de sacrifices pour les mêmes, à savoir les travailleurs et le peuple portugais (laissant les jeunes dans une situation de risque, de par leur fragilité, soit à l’école soit au travail), et à l’augmentation des profits du secteur bancaire et des grandes entreprises.

Pouvez-vous nous expliquer quels sont les plans d’austérité au Portugal et pourquoi le dernier pacte a été rejeté au Parlement ? Quelles sont les conséquences de la démission du gouvernement et quelle est votre position par rapport à cela ?

Les plans d’austérité sont essentiellement une série de mesures visant à attaquer les travailleurs afin d’assurer les profits pour le grand capital. Ce sont des mesures qui sont mentionnées dans la question précédente et qui s’inscrivent dans l’approfondissement de l’exploitation capitaliste. Sur le plan institutionnel elles ont été rejetées au Parlement, mais c’est dans les rues qu’elles ont atteint leur véritable défaite. Les grandes actions de masses entreprises par les travailleurs portugais, dont on met en évidence la grève générale le 24 Novembre avec une participation énorme de plus de 3 millions de travailleurs et les journées de lutte le 29 mai de l’année dernière et le 19 mars de cette année, ont été, avec de nombreuses autres activités pendant cette période, les véritables bourreaux de la politique de droite et des plans d’austérité. Les étudiants ont aussi organisé de grandes actions de lutte. La célébration de la journée de l’étudiant - le 24 mars, avec des milliers d’étudiants en grandes manifestations - ainsi que de nombreuses actions de lutte concrète à chaque école, réalisées récemment, ont constitué de grandes démonstrations du rejet de la politique de droite et des plans d’austérité.

La démission du gouvernement est essentiellement une décision de lui-même, car la défaite du PEC4 (plan d’austérité) ne présuppose pas la démission du gouvernement, par conséquent, on considère que cette démission a été un mouvement de victimisation dans le but de faire avancer l’aggravation de la situation sociale.

- Quelles alternatives peuvent être mises en œuvre contre ces réformes ?

Nous pensons que plus qu’un changement de gouvernement, il faut un changement de politiques, une rupture avec la politique de droite qui mette fin à l’approfondissement de l’exploitation capitaliste et des injustices sociales, une politique patriotique et de gauche. Il est nécessaire de défendre la production nationale et l’augmentation des salaires et des pensions, une politique qui encourage la création d’emplois avec des droits, qui stoppe la destruction de postes de travail ; le renforcement de l’investissement public et l’augmentation consécutive des services publics ; la fin des privatisations et la récupération par l’État du contrôle public des secteurs stratégiques de l’économie, la réforme du système fiscal, pour une vraie taxation du capital ; la défense des intérêts nationaux à l’extérieur, pour récupérer la souveraineté économique, budgétaire et monétaire. Une politique d’éducation qui répond aux intérêts et aux justes aspirations des étudiants, un enseignement gratuit et avec un renforcement de l’action sociale scolaire.

Nous entendons que ce changement politique sera seulement possible avec une large prise de conscience de la classe ouvrière et de tous les travailleurs et leur mobilisation pour le changement et la rupture contre la politique de droite. Nous croyons que nous sommes dans un moment, dans notre pays et dans le monde, caractérisé par la coexistence pour les peuples de grands dangers et de grandes potentialités révolutionnaires. Nous croyons aussi que seulement la construction et le renforcement de l’unité de tous ceux qui sont touchés par ces politiques - l’unité anti-impérialiste, si vous voulez - peuvent approfondir leur conscience de que l’altération du sort de notre pays est entre leurs mains.


contact | Logiciels libres | Plan du site
MJCF : 2, pl de Colonel Fabien 75019 PARIS - télephone : 01.40.40.12.45