Au cours de l’année 2011, la Présidence du G8/G20, qui est commune, va être française, exercée par N. Sarkozy, en tant que président de la République de notre pays. Cette présidence est tournante, exercée à tour de rôle annuellement par le représentant de chacun des pays membres de ces organisations internationales. L’année 2011 va donc être marquée par une série de réunions de diverses instances se rattachant au G8/G2O qui se tiendront essentiellement dans notre pays.
Les G8/G20 qui réunissent les plus grandes puissances de la planète (le G20 c’est 80% de la richesse mondiale) sont des sommets de chefs d’Etats ou gouvernementaux pour décider de convergences dans leurs politiques afin de ne pas nuire aux intérêts des uns et des autres et ne pas risquer d’aggraver les tensions économiques ou politiques du moment.
Le premier G7 a été convoqué après le premier choc pétrolier, le G20 tend à prendre sa place et son rôle aujourd’hui, ce qui indique l’importance prise par certains pays que l’on disait encore « émergents » il y peu (Chine, Inde, Brésil,…). Selon N. Sarkozy, il a vocation à incarner la « nouvelle gouvernance mondiale ». Il faut comprendre que c’est LE lieu de décision pour les questions qui touchent l’ensemble des peuples : crises économiques, politiques, sociales, sanitaires, environnementales...
Depuis l’explosion de la crise en 2008, ces sommets coordonnent les « relances » des économies nationales. En embuscade, FMI, OMC, banques centrales, agences de notations et lobbys économiques veillent au bon respect des dogmes libéraux. C’est depuis ces lieux que se déclenche l’hyper-austérité qui s’impose aujourd’hui aux peuples.
Le MJCF se mobilisera particulièrement à l’occasion du contre-sommet à l’initiative de l’UEC au G8 des universités du 5 au 7 mai à Dijon et conclu par une manifestation, à l’occasion du sommet du G8 à Deauville les 26 et 27 mai et des manifestations qui auront lieu le week-end précédent et/ou pendant la tenue du sommet, à l’occasion du sommet du G20 à Cannes les 3 et 4 novembre et des manifestations et du forum des peuples qui auront lieu le week-end précédent et/ou pendant la tenue du sommet.
l’illégitimité de ces sommets à décider des grandes orientations planétaires : il y a un travail politique à faire pour expliquer pourquoi ces sommets se substituent aux institutions internationales comme l’ONU et ses agences pour traiter des sujets que ces Etats se donnent eux-mêmes pour mission de traiter. L’objectif d’organiser une nouvelle « gouvernance mondiale » à partir de ces sommets vise à court-circuiter l’assemblée générale de l’ONU, les 192 états qui la compose, et donc les peuples qui devraient y être représentés.
Derrière, ce sont nos conceptions sur les institutions internationales qui pourraient gagner en contenu en distinguant ce type de sommets qui visent à garantir l’hégémonie de quelques puissances sur le Monde, les organisations comme le FMI ou la Banque mondiale qui sont les outils de cette hégémonie en attribuant les pouvoirs de décision selon le poids économique des pays, et enfin les organisations de l’ONU, égalitaires sur le papier, mais verrouillées par des systèmes comme le conseil de sécurité et les conséquences des inégalités dans l’ensemble du jeu diplomatique.
les conséquences sur le jeu politique français : la stratégie de N. Sarkozy pour 2012 et la « candidature » de D. Strauss-Khan
le traitement des questions posées à l’ordre du jour des sommets :
En ce qui concerne le G8 des Universités, et le G8 de Deauville, nous pouvons nous mobiliser directement sur les points fixés à l’ordre du jour des sommets puisqu’il s’agit d’enjeux sur lesquels nous menons déjà la bataille politique :
· Dijon : Bataille pour le partage des savoirs, et contre l’éducation transformée en une « usine à précaires »
Depuis le mois de septembre, les plans de rigueur qui secouent toute l’Europe n’ont pas épargné les Universités, et même les étudiants les plus défavorisés d’entre nous en sont devenus les cibles privilégiées. Augmentation des frais d’inscription, désengagement de l’État, licenciement de personnels, soumission aux besoins des entreprises, la classe capitaliste et ses valets ont redoublé d’offensive.
1. Des financements publics sous condition
Comme pour l’ensemble de ces plans de rigueur, on nous présente ces choix comme étant le bon sens même, on n’a plus les moyens, donc on sabre. Mais l’analyse que nous devons porter sur l’action de la classe dirigeante concernant l’éducation et l’enseignement supérieur va bien au-delà de ce premier constat : quand il s’agit des travailleurs on racle dans les caisse pour économiser jusqu’au dernier centime, tandis que pour les actionnaires et le patronat, les milliards coulent à flot. En effet, si l’enseignement supérieur est l’une des cibles privilégiées des capitalistes, c’est que c’est l’un des principaux points d’appui qui va permettre de faire des économies sur le travail et les salaires.
Pour s’en convaincre il suffit de consulter les cahiers de l’OCDE sur l’enseignement supérieur. Il y est écrit que la formation et l’éducation représentent « un formidable investissement d’avenir » qu’il faut développer dans les régions au plus près des bassins locaux d’emploi et en s’adossant sur les financements des entreprises. Aujourd’hui, les financements de l’État, notamment ceux du grand emprunt, sont attribués en fonction de l’état d’avancement des fusions d’Universités et des PPP : un vrai chantage à la privatisation. 90% des Universités sont autonomes et deviennent propriétaires de leurs locaux, ce qui signifie qu’elles ont à en assurer la rénovation en lien avec les fonds privés. Les exemples ne manquent pas, comme l’Université de Paris 8 qui a entièrement reconstruit son hall d’entrée et y a aménagé des vitrines pour y recevoir des publicités.
C’est dans cette même logique qu’a été lancée la Convention entre la Conférence des Présidents d’Universités et le MEDEF à la fin du mois de novembre dernier. Le but est simple, faire de nos universités des centres de formation gratuits pour les entreprises. Par cette convention, il s’agit donc de communiquer des informations aux entreprises pour leur permettre d’orienter les financements et d’investir sur « des formations qualifiantes ou non ». L’université délivrera désormais des formations qualifiantes ou non selon les exigences des entreprises !
Les autres systèmes en Europe, notamment en Espagne et en Italie constituent un terreau beaucoup plus fertile à la casse des Universités. Aujourd’hui en Italie, alors que les réformes du processus de Bologne ont eu pour conséquence le déploiement d’un système universitaire complètement anarchique et aujourd’hui en faillite notamment à cause de la création de filières tous azimuts à la demande du patronat local (aujourd’hui il existe 200 filières en tout, sans aucun cadrage national, et reconnues de manière aléatoire / contre 70 en France). La ministre Gelmini mise en place par Berlusconi à la rentrée 2010 a instauré une logique plus managériale de l’Université dans l’orientation des politiques universitaires et un financement de l’Etat soumis à des critères de rentabilité, de compétitivité, ce qui a des conséquences sur les frais d’inscription.
2. La précarité étudiante orchestrée
On ne l’a jamais assez répété, aujourd’hui, le patronat a plus que jamais besoin d’une main d’oeuvre plus qualifiée mais à moindre coût. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est que ces fils d’ouvriers ou d’employés qui échouent dans les filières « classiques » sont repoussés vers les filières professionnalisantes et rentabilisables sur le court terme.
Si les gouvernements d’Europe provoquent la précarité étudiante, c’est qu’ils en ont besoin : quand un étudiant n’a pas les moyens de financer ses études, il se salarie ou s’endette. Si nous connaissons bien le phénomène du salariat étudiant et ses conséquences, le phénomène des prêts étudiants mérite toute notre attention. En Angleterre et en Irlande, où les étudiants se sont mobilisés ces derniers mois contre la hausse des frais d’inscription à hauteur de 9000 £, le phénomène est bien connu. Ce sont 80% des étudiants qui contractent un prêt auprès de la Student Loan Compagny et qui doivent rembourser plus de 21 000 £ à la fin de leur formation. Ici en France, les prêts étudiants instaurés en 2009 ont pour l’instant été un échec, mais ils prendront tout leur sens avec la hausse des frais d’inscription. Le principe du prêt étudiant est à combattre car la logique qui s’institue derrière, c’est que c’est au travailleur d’assumer lui même le coût de sa formation. Pour les entreprises et les banques en revanche, alors que le coût est nul, le bénéfice est total.
3. Des usines à travailleurs précaires
Ce sont aujourd’hui les pires modalités d’application du processus de Bologne qui sont aujourd’hui mises en oeuvre, avec la casse continue du cadrage national des diplômes et de leur reconnaissance dans les conventions collectives et la précarisation de l’accès aux études qui pousse 1 étudiant sur 2 à se salarier : en acceptant des conditions dégradées de travail, nous sommes l’armée de réserve du salariat précaire. Cette politique se poursuit avec la volonté qu’a Pécresse de généraliser les stages à tous les niveaux, c’est le cheval de Troie de l’absence totale de reconnaissance du travail qualifié.
Comme on l’a dit, depuis 10 ans que le patronat a été placé aux commandes de l’Université, soi disant pour résoudre la question du chômage, nous n’avons jamais été aussi précaires, autant au chômage et aussi déclassés à l’embauche. Dans certaines régions d’Europe, comme en Italie ou en Irlande, les étudiants sont contraints à l’émigration parce qu’ils vivent dans des zones sinistrées économiquement. Ainsi, plutôt qu’une harmonisation de l’enseignement supérieur européen, il s’agit d’une harmonisation des exigences de la classe dirigeante.
Qu’est-ce que le G8 des Universités ?
Le G8 des Universités, rassemblant des Ministres de l’éducation, recteurs d’académies, présidents d’universités de plus de 40 pays se réunit à Dijon les 5,6,7 mai.
Initialement, les G8 des Universités se réunissent sur des thèmes secondaires, à la base cette édition devait avoir pour thème le développement durable, mais à la demande expresse de la Conférence des Présidents d’universités qui l’accueille, ils statueront sur le lien entre Universités et entreprises.
Quels objectifs pour ce contre-sommet ?
Ce contre-sommet doit nous permettre d’agir sur 3 plans principaux :
· faire émerger sur la scène une résistance européenne aux politiques libérales sur l’Enseignement supérieur,
· faire vivre cette résistance en faisant du contre-sommet du G8 un moment de rencontre et d’échanges politiques où nous allons actualiser nos constats et notre projet,
· préparer le terrain à nos résistance futures sur l’éducation et l’enseignement supérieur.
A l’occasion du FMJE en Afrique du Sud nous avons rencontré l’ensemble des organisations étudiantes européennes membres de la FMJD, pour obtenir leur accord de principe pour la participation à ce contre-sommet. Les discussions que nous avons eu en décembre avec ces organisations ont été réactivées par la dernière rencontre de la CENA ces dernières semaines.
Nous savons déjà que des organisations telles que la Jeunesse communiste espagole (UJCE) prévoit d’affrêter un bus entier pour venir à ce contre-sommet. Pour faire le point sur les organisations rencontrées et qui acceptent de participer à ce contre-sommet :
Allemagne : SDAJ Belgique : COMAC Espagne : UJCE/étudiants communistes Italie : Jeunes du PDCI et de Rifondazione Grèce : KNE (Jeunes Communistes Grecs), et MAS (Front militant étudiant) Portugal : JCP
Faire du contre-sommet du G8 un moment de rencontres et d’échanges, si nous ne sommes pas les seuls à subir ces attaques, nous ne devons pas rester seuls dans nos résistances et notre projet. La période de mobilisation étudiante leur en a démontré la nécessité, si nous sommes à la hauteur, cette rencontre pourra être l’occasion d’échanges et de conseils sur la constitution d’organisations politiques dans les universités d’Europe, et pour cela la présence de secteurs proches des pays limitrophes est essentielle. Aujourd’hui, les forces communistes européennes souhaitent se déployer à l’Université pour y faire de la politique. Dans le contexte actuel, l’existence d’une UEC en France a été inspirante pour ces camarades, notre contribution pourrait être décisive pour l’avenir du mouvement communiste étudiant en Europe.
Comment s’organise le contre-sommet du G8 ?
Le 5 et 6 auront lieu des conférences et projections à l’IUT de Dijon, comprenant 1 amphi et 3 grandes salles, animées par les organisations membres du Collectif local et national (syndicats enseignants et de personnels ouvriers, syndicats étudiants, associations et collectifs, et l’UEC).
Le 7 mai aura lieu la grande manifestation.
o Dénoncer les guerres impérialistes dans le monde et particulièrement les interventions français en Afghanistan et en Libye
o Bataille pour libérer Salah Hamouri et Marwan Barghouti et pour une paix Juste et durable entre Israéliens et Palestiniens
o Expression pour l’annulation de la dette des pays pauvres, pour de nouvelles coopération entre les peuples, en particulier au regard des processus à l’oeuvre sur la rive sud de la méditerranée, la dénonciation des impérialismes militaires des états, économiques des FMN, en Afrique
Pour ce qui concerne le G20 de Cannes, il y a deux types d’éléments à traiter :
Dénoncer l’illégitimité de ces sommets qui dé-saisissent les peuples des questions qui les concernent. Derrière cette accroche ce sont les volontés hégémoniques et impérialistes des grandes puissances que nous pourrons révéler.
Dans la suite logique de notre travail : dénoncer l’hyper-austérité qui frappe les peuples, notamment tout autour de la Méditerranée, et faire écho à toutes les mobilisations des jeunes dans cette région pour nous sortir de la précarité et conquérir de nouveaux droits pour transformer le travail, l’éducation,… nos vies et la société.