Mouvement des jeunes communistes
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3 millions dans la rue pour les retraites : encore plus forts pour aller jusqu’au retrait de la loi Woerth

Cachez ces manifestants que je ne saurais voir ! N’en déplaise à MM. Sarkozy, Woerth et Hortefeux, ils étaient bien là dans les rues des villes du pays le 23 septembre 2010, entre 2,5 et 3 millions, avec une participation croissante des salariés du privé. La colère sociale monte de toutes parts devant ces gouvernants qui distribuent avec tant de cynisme des dizaines de milliards d’euros aux plus riches mais font la leçon aux salariés en leur demandant de renoncer à une conquête sociale historique. Ils seraient plus avisés d’écouter M. de Villepin qui regrette maintenant d’être resté sourd au mouvement populaire en 2006 au moment du CPE, qu’il a dû, rappelons-le, abandonner après le vote du Parlement.

Cette contre-réforme menacerait gravement tous les salariés dans leur avenir personnel. Le report de 60 à 62 ans de l’âge de départ à la retraite se doublerait du report de 65 à 67 ans de l’âge de départ à taux plein (quel que soit le nombre d’annuités). L’augmentation de la durée de cotisation resterait programmée jusqu’à 41,5 années en 2016. L’opposition au projet Sarkozy-Woerth sur les retraites est massive, malgré l’habile campagne idéologique qui est développée pour faire accepter la fatalité d’un recul social. Démographie, dette publique, mondialisation : tous les arguments sont bons pour détourner des vrais objectifs du pouvoir. Il faut continuer à faire tomber le prétexte de la démographie. Comment justifier de faire travailler les salariés jusqu’à 62 ans quand 4 à 8 millions de travailleurs sont au chômage ?

Le 23, les étudiants, les jeunes en général étaient plus nombreux dans les cortèges que le 7. La propagande officielle essaie de leur mettre dans la tête qu’ils n’auront pratiquement pas de retraite parce qu’ils commenceront à cotiser à 25 ou 30 ans. D’ici cet âge, que vont-ils faire ? Etudier pour quelques uns, travailler pour la plupart, souvent les mêmes. L’âge réel moyen d’entrée dans la vie active se situe entre 21 et 22 ans, mais dans des conditions inacceptables de précarité, de chômage. C’est là le problème véritable. Le gouvernement propose de mettre en concurrence les salariés âgés de 60 à 62 (voire 67 ans), avec les jeunes. Il veut continuer à précariser les débuts comme les fins de carrière. Il a déjà réduit par décret à un trimestre sur deux la prise en compte des années d’apprentissage pour le calcul des retraites. Il veut allonger à 42 annuités la durée de cotisation.   Le report de 65 à 67 ans de l’âge de départ à retraite à taux « plein » sans condition d’annuités est une mesure inique qui va frapper ceux qui ont eu les carrières les plus chaotiques et qui ont déjà les pensions les plus faibles. Parmi eux se trouvent une grande majorité de femmes. Même des parlementaires de droite commencent à être gênés et imaginent des dispositifs spéciaux ! Plus que jamais, l’exigence pour tous, c’est le maintien des repères collectifs fondamentaux des 60 ans et des 65 ans.    La prétendue prise en compte de la pénibilité par Woerth est la négation de l’amélioration des conditions de travail. Seuls les salariés invalides, abîmés, inutiles pour le patronat, garderaient la possibilité de partir à 60 ans. Le gouvernement a de plus fait ajouter en catimini à l’Assemblée des amendements remettant en cause de la médecine du travail et sa mission de prévention. Or, prendre en compte la pénibilité des métiers, c’est réparer les souffrances déjà endurées mais c’est aussi prévenir. Notre société ne peut pas se résigner à ce que certains travailleurs perdent des années d’espérance de vie. C’est dans cette idée que nous appuyons l’exigence de départs anticipés, avant 60 ans.

Retraites, salaires, emploi, formation sont intimement liés. Les cotisations étant assises sur les salaires, l’emploi est au fondement du système solidaire par répartition que nous défendons : 100.000 emplois créés, c’est un milliard d’euros de cotisations sociales en plus pour les retraites. Les luttes salariales pour de meilleures rémunérations sont indissociables du combat pour le maintien du système des retraites. Le véritable objectif du gouvernement est de continuer à détourner le financement solidaire des retraites vers les profits des grandes entreprises et les dividendes des actionnaires. Malgré la crise, ceux-ci se portent bien : 35 milliards d’euros rien que pour les entreprises du CAC 40 … à comparer avec les 33 milliards d’euros d’exonérations de cotisations dont bénéficie par an le patronat ! Il faut revenir sur cette politique de « baisse des charges » : les « déficits » sont dus aux choix politiques des gouvernements successifs de bloquer le système en multipliant les exonérations de cotisations sociales patronales, en figeant leurs taux, en encourageant la pratique des bas salaires. Communistes, nous mettons en avant au contraire l’exigence d’une grande politique publique de l’emploi et de la formation, sous la houlette d’un pôle public bancaire, qui investirait dans le logement, l’éducation, la recherche, qui créerait les conditions d’une politique ambitieuse de développement industriel. La taxation des revenus financiers des entreprises serait un point d’appui considérable pour une telle politique.

Jeunes, étudiants, salariés, le combat est bien le même contre la loi Woerth, pour le droit effectif à la retraite à 60 ans (une retraite décente), pour le retour aux 37,5 annuités, pour l’emploi stable et bien rémunéré. Pour le 12 octobre, l’intersyndicale a décidé d’une nouvelle journée nationale de grève et de manifestation, que des manifestations le samedi 2 octobre pourraient préparer. Le gouvernement spécule sur l’épuisement, la division du mouvement au fil des journées d’action espacées comme en 2003 contre la loi Fillon. Montrons-lui qu’il se trompe ! Le bras de fer continue et s’intensifie. La combattivité progresse. Des syndicats de plus en plus importants, comme la CGT-Chimie, mettent en débat la grève reconductible. La coordination avec les grands services publics, locomotives du mouvement en 1995 et 2003, se développe. Une participation massive des lycéens et des étudiants peut être décisive. Le pouvoir en a peur. Nicolas Sarkozy ne déclarait-il pas en juillet qu’ « il fallait à tout prix éviter une mobilisation des jeunes » ?

Refusons toute augmentation de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein ! Exigeons le retour aux 37,5 annuités, qui correspondent à une carrière moyenne ! Battons-nous pour une hausse des salaires, à rebours de la politique de compression salariale encouragée par les « baisses de charges » ! Pour une politique de l’emploi et de la formation ambitieuse, imposons la création d’un pôle public bancaire, exigeons la taxation des revenus financiers des entreprises !


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